5 arbres européens pour la sylvothérapie

Dernière mise à jour : 3 août

Quand on arrive dans un parc ou dans une forêt, on est face à de nombreux arbres. Bien souvent, ceux-ci sont d'essences différentes et on peut se demander s'il y en a un qui serait mieux que les autres, pour pratiquer une séance de sylvothérapie.


En réalité, il n'y a pas d'arbre "meilleur" que son voisin, l'important est de se sentir bien près de lui ! Un peu comme avec un être humain...


Cependant, il y a des arbres, qui par leur puissance et leur rayonnement, peuvent nous attirer plus particulièrement. C'est pourquoi, j'ai voulu vous présenter dans cet article, 5 de ces arbres que l'on retrouve aisément en Europe.


Le chêne


Le chêne

Incontournable de nos campagnes, le chêne, Quercus de son petit nom, regroupe plusieurs variétés (entre 200 et 600 selon les croisements !). Nous parlerons donc ici du chêne pédonculé (également appelé le chêne rouvre = Quercus robur, qui a donné le mot "robuste" en français) : le grand, le colosse, le roc.


Le chêne pédonculé abrite un grand nombre d'êtres vivants dans ses branches, le long de son tronc, au creux de ses racines et sous son ombrage. Les plus vieux chênes vivent aisément 800 ans et ils sont dans nos campagnes comme des phares au milieu des champs.


Étendant leurs larges branches loin autour d'eux, ce sont les chênes des druides, des villages et des chemins creux. Sous un chêne, nombreux.ses sont ceux et celles qui ressentent une grande protection. En fait, on se met à l'abri sous un chêne un peu comme on rentre à la maison ! Il faudra d'ailleurs disputer la place à l'automne aux sangliers et aux écureuils, avides de glands ;)


A ce propos, beaucoup d'entre nous connaissons la métaphore du petit gland, qui devient un immense chêne, preuve qu'à chaque être tout est possible, à condition de patience et de ténacité...


Le chêne a aussi constitué pendant des siècles les charpentes de nos maisons, et il a parfois encore aussi cette vocation. "Solide comme un chêne" dit le proverbe et c'est peut-être ce que l'on recherche en sylvothérapie, en venant se placer contre son tronc : solidité, force et courage. Car il en faut du courage au chêne, déjà pour croître en tant que gland suscitant les convoitises, puis pour résister face aux tempêtes.


Attention toutefois, car si le chêne vint à casser (il est trop rigide pour plier comme le roseau ou même le peuplier), il ne peut se refaire une santé, contrairement à d'autres arbres (le saule, le noisetier) et il nous enseigne donc aussi à nous reposer et à déléguer...


Pour moi, il y a une harmonie entre le chêne et le granit, qui éveillent, l'un dans l'ordre végétal, l'autre dans la région minérale, les mêmes idées que le lion et l'aigle entre les animaux, puissance, grandeur, force, excellence.
Victor Hugo

Le châtaignier


Châtaigniers

Mystérieux châtaignier.. Sage vénérable. Le châtaignier (Castanea sativa) est injustement peu considéré. Et pourtant... Vivant plus de mille ans, il peuple nos forêts en toute discrétion. Lors un détour dans un bois ancien, vous trouverez un châtaignier.


Ses branches tournent sur elles-mêmes et elles créent des formes de dragons et de serpents. En plein décembre, à la tombée de la nuit, sensations garanties :)


Son tronc abrite souvent des fourmis, des araignées et autres petites bêtes qui ont bien compris la générosité incroyable de cet arbre. Outre les bonnes châtaignes, à ne pas confondre avec les marrons des marronniers d'Inde, le châtaignier nous offre un bois très dur, un ombrage parfait, une lumière superbe sous sa ramure, de grandes feuilles comestibles pour les herbivores et ses bourgeons pour nos veines et notre circulation lymphatique.


Également arbre des druides, le châtaignier apporte une force considérable et une grande sensation de paix. En sylvothérapie, il y a juste à s'assoir sous son ombre, sans forcément chercher à s'adosser au tronc (qui rappelons le est la maison d'un tas d'hôtes charmants). Inspirez, expirez et contemplez la générosité de la nature autour de vous. Le principe même de la vie est là, en ce châtaignier puissant.


De principe féminin, le châtaignier convient aux personnes désireuses de se réconcilier avec leur propre principe féminin, surtout s'il a été blessé. Que ces personnes soient homme, femme ou non binaire. D'ailleurs, la mythologie romaine nous raconte que, la nymphe Nea, poursuivie par Jupiter, préféra se tuer plutôt que d'être agressée... Le roi des Dieux la réincarna alors en châtaignier : la chaste Nea.


Enfin, notez qu'en anglais le châtaignier se dit "sweet chestnut" : le doux châtaignier :)


Le platane


Platane du parc du Haut-Gesvres à Treillières

Encore un colosse. le platane commun est un croisement entre Platanus xhispanica et Platanus xacerifolia. Ce n'est véritablement qu'au XVIIe siècle que le platane a pris sa place en Europe de l'Ouest, mais quelle place !


Ce géant affiche facilement un tronc d'une dizaine de mètres de circonférence, et peut atteindre une cinquantaine de mètres de hauteur. On le trouve traditionnellement sur les places de village, le long des rues et des routes. Poussant rapidement et produisant des branches de bonne taille, il a été très apprécié pour son ombre fraîche et son bois pour le chauffage.


Mais le platane vigoureux n'entendait pas être exploité sa vie durant sans rien dire. Ses puissantes racines déforment les trottoirs et les routes, ses feuilles recouvrent les rues à l'automne et son tronc pousse les murs près desquels un humain aurait eu l'idée saugrenue de le planter...


Actuellement victime d'un parasite, le chancre du platane, le bel arbre se fait décimer. Pour protéger les platanes voisins, les communes abattent les arbres malades.


En sylvothérapie, le platane signe la lumière et la force. Son tronc clair et légèrement noueux rappelle un éléphant. Ses feuilles dorées à l'automne apportent une lumière féérique, qui semble nous baigner de pureté et de sagesse.


Le platane est également un arbre très agréable pour un câlin aux arbres (tree hug) !


Le saule


Les saules

Le saule salix possède de nombreuses variétés, qui s'hybrident entre elles. Arbre des sols humides, il est donc tout naturellement le digne représentant des émotions. C'est dans cette optique qu'on viendra chercher la compagnie du saule.


Vous trouverez des saules au bord d'étangs, de lacs, de rivières et de fleuves. Saules blancs, saules marsaults, saules communs, saules tortueux, saules crevettes, saules pleureurs... Les saules sont généralement des êtres charmants, pleins de bons conseils et qui apprécient la compagnie des humains.


Probablement parce qu'on en a souvent planté dans nos jardins, mais aussi pour créer des clôtures végétales en tressant leurs longs rameaux... On peut aussi en faire des paniers (en osier) et ses feuilles sont riches en vitamine C. C'est aussi du saule que le pharmacien français Pierre-Joseph Leroux a extrait en 1829 la salicyline, qui est devenue... l'aspirine.


Dans le jardin de la maison où je vis, il y a un grand saule tortueux et pleureur. C'est un gentil blagueur, toujours attentionné et plein de bons conseils !


Le saule est le compagnon qui vient consoler vos pleurs. Il les boit littéralement, car il peut boire jusqu'à 4000 litres d'eau l'été ! Cet arbre confident est aussi très apprécié des enfants : il est facile à escalader, il est doux, il ne pique pas et il sent bon le végétal frais.


C'est aussi un arbre pionnier, c'est-à-dire qu'il fait partie des premiers représentants à coloniser une terre devenue stérile ou abandonnée, caractéristique qu'il partage avec le bouleau et les ajoncs.


En fait, le saule nous ressemble beaucoup. Résilient (il repousse d'une simple branche plantée en terre), sensible, empathique, mobile (les peuplements de saules se déplacent assez bien) et chantant dans le vent telle Grand-Mère Feuillage dans le dessin animé Pocahontas. Nous partageons généralement une durée de vie semblable (une centaine d'années, bien que de plus vieux spécimens existent).


« Mes chers amis, quand je mourrai, Plantez un saule au cimetière. J’aime son feuillage éploré ; La pâleur m’en est douce et chère, Et son ombre sera légère À la terre où je dormirai »
Alfred de Musset

Le bouleau


Peuplement de bouleaux

Que j'aime les blancs bouleaux aux feuilles d'or ! Un de mes premiers émerveillements : la contemplation des houppiers de bouleau se balançant dans le vent, les écus d'or se détachant nettement sur le fond bleu du ciel...


Le bouleau est lui aussi injustement considéré. Peut-être dû à son nom, pourtant le bouleau n'a rien à voir avec le boulot. C'est un arbre pur et lumineux, betula pour vous servir.


Ses variétés les plus représentées en Europe sont Betula pendula (aux branches pendantes) ou verrucosa, alias le bouleau verruqueux, et Betula pubescens, alias le bouleau pubescent. C'est pendula qui a les beaux troncs blancs caractéristiques, bien que le port assez altier de pubescens ne soit pas dénué de charme (non rien à voir avec le charme, l'arbre, qui aurait aussi eu sa place dans cet article).


Montant jusqu'à 25 mètres de hauteur, le bouleau est un arbre élégant. Planté en général en groupement, il se débrouille aussi très bien par lui-même et les colonies de bouleaux peuvent s'étendre sur plusieurs hectares ! C'est un arbre pionnier, comme évoqué ci-dessus, et il se déplace vite.


En effet, les peuplements de bouleaux bougent : ils se reproduisent, de jeunes bouleaux naissent et croissent à une extrémité du groupe, quand les plus vieux meurent à l'autre bout. L'ensemble se déplace donc, comme une seule entité (je vous rappelle que, comme les insectes, les arbres possèdent une conscience de groupe, qui selon les essences et les lieux, peut être prépondérante sur l'esprit individuel de chaque arbre).


En sylvothérapie, le bouleau participe à purifier nos émotions et nos peurs enfouies... Comme il purifie notre corps physique par sa sève (la célèbre sève de bouleau récoltée au printemps) en phytothérapie. Le bouleau aime les sols acides qui semblent impropres à toute vie. Et pourtant, par son action, cet arbre crée le tapis d'humus qui permettra à d'autres essences de s'implanter.


La mobilité de ses rameaux invitent à danser dans les branches et à laisser parler notre spontanéité et notre créativité. Source d'inspiration pour les peintres, le bouleau invite à la contemplation de la nature et à trouver ainsi sa propre source de créativité.


Il est assez féminin, mais comme un homme qui sait exprimer en lui et autour de lui ce principe féminin.


En résumé, le bouleau incarne le mouvement et la vie.


Conclusion


Cette présentation de 5 arbres magnifiques pour vos balades de sylvothérapie ne doit pas vous faire oublier qu'on choisit avant tout un arbre avec le cœur. C'est l'appel de l'arbre qui doit prévaloir, et pas des considérations esthétiques ou intellectuelles. Vous risqueriez en effet de rater des rencontres.


D'autres arbres auraient aussi toute leur place dans ce texte : citons par exemple le charme, le peuplier, le hêtre, le frêne, l'épicéa, le mélèze, le houx, le noisetier, l'aubépine, le sureau...


Tous ceux-ci vous sont présentés, et bien d'autres, lors de la formation de Sylvothérapie et Conscience Végétale, que je propose (sur 5 jours, à Nantes).


Quand bien même il n'y aurait qu'un seul arbre présent lors de votre balade, et qu'en plus celui-ci ne serait pas dans cette liste, il aurait néanmoins toute son importance : être là, à vos côtés.