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Le rôle des arbres dans la purification de l’air et la lutte contre la pollution urbaine

Writer: Clotilde
Clotilde
Aug 18, 2025
4 min read

Updated: 4 days ago

Aujourd'hui et ce depuis plusieurs décennies, la pollution de l'air est un véritable enjeu de santé publique à l'échelle globale. Selon un article de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la pollution de l’air ambiant extérieur a causé pas moins de 4,2 millions de décès prématurés en 2019 !


Cette pollution atmosphérique résulte principalement du recours aux énergies fossiles, notamment le charbon, le gaz naturel et le pétrole. La question est donc : en zone urbaine, peut-on vraiment compter sur les arbres pour nous aider ?


Les arbres de l'université pontificale dans la ville de Comillas en Espagne
L'université pontificale sur les hauteurs de Comillas, (Espagne, Cantabria)

Peut-on purifier l'air extérieur en ville ?


Dans le cadre d'une étude publiée dans la revue Environmental Pollution en 2014, des membres du Service des forêts des États-Unis ont exploré la question suivante : existe-t-il réellement des arbres dépolluants ?


Les feuilles et aiguilles des arbres peuvent intercepter une partie des particules en suspension dans l’air par dépôt sur leur surface. Certains polluants gazeux peuvent également être absorbés par les feuilles, notamment via leurs stomates. Les métaux lourds, eux, sont souvent associés aux particules qui se déposent sur les surfaces végétales. Il n’existe cependant pas de « rayon de purification » universel de 300 mètres. Selon leur emplacement, leur forme et le contexte urbain, les arbres et arbustes peuvent contribuer à modifier localement les concentrations de certains polluants.


En revanche, il faut savoir que ces mêmes polluants se déposant sur les feuilles peuvent causer un ralentissement du processus de photosynthèse et donc, une baisse de la capacité de réduction de la pollution urbaine par les arbres. En somme, il s'agit d'un véritable cercle vicieux, signifiant que la purification de l'air par les arbres a malheureusement ses limites...


Ainsi, le terme « arbres dépolluants » reste trop ambitieux. Les recherches récentes montrent que la végétation urbaine peut améliorer ou dégrader localement la qualité de l’air selon sa configuration. Dans une rue encaissée et très circulée, une canopée dense peut ralentir la ventilation et augmenter localement certains polluants ; dans un espace plus ouvert, des arbres ou des haies bien placés peuvent au contraire favoriser le dépôt de particules ou créer une barrière entre les émissions et les piétons. Une conclusion de prudence similaire existe pour les plantes d’intérieur, selon un dossier complet publié par l'Agence de la Transition Ecologique (ADEME) en 2011.


Voilà qui est dit :(


Certaines espèces d'arbres plus performantes que d'autres


Les études récentes confirment que le choix des essences, leur forme et surtout leur emplacement en ville ont une véritable importance. Certaines espèces sont intéressantes en phytoremédiation des sols, tandis que les bouleaux et d’autres espèces aux feuilles rugueuses ou pubescentes peuvent intercepter efficacement des particules. D’autres essences présentent également des caractéristiques favorables, notamment certains aulnes, chênes, hêtres ou ormes. Aucun classement n’est toutefois universel : la surface foliaire, la rugosité des feuilles, la persistance du feuillage, les émissions de composés organiques volatils, le pollen, la résistance à la sécheresse et l’architecture de la rue doivent être considérés ensemble.


Voilà qui tombe bien : en Loire-Atlantique où j'anime les sorties et la formation de sylvothérapie, nous en avons beaucoup !


À l’inverse, une grande canopée n’est pas automatiquement synonyme de meilleure qualité de l’air. Dans certaines rues étroites bordées de bâtiments, des couronnes denses — quelle que soit l’espèce — peuvent réduire la dispersion des polluants issus du trafic. Ce sont donc la géométrie de la rue, le vent, la densité du feuillage et le positionnement des arbres qui comptent autant que l’essence choisie.


Rue bordée de platanes à Bilbao en Espagne
Rue bordée de platanes à Bilbao (Pays basque espagnol)

Les résineux persistants présentent un autre intérêt : cèdres, pins, thuyas ou épicéas conservent leurs aiguilles en hiver et peuvent donc intercepter des particules pendant une plus grande partie de l’année. Là encore, le choix doit intégrer d’autres critères, notamment les pollens, les émissions de composés organiques volatils et l’adaptation au climat urbain.


Dans certaines évaluations de services écosystémiques, des modèles, comme ceux cités par la ville de Salaberry-de-Valleyfield au Québec, estiment que des arbres urbains peuvent intercepter des quantités mesurables de particules contenant des métaux lourds. Ces chiffres dépendent toutefois fortement du modèle, de l’espèce, de la taille de l’arbre et du niveau de pollution local et ne doivent pas être extrapolés à tous les arbres.


Les arbres, une vraie solution contre la pollution urbaine ?


Les arbres en ville sont des alliés précieux pour rendre les villes plus vivables, notamment grâce à l’ombre, au rafraîchissement, à la biodiversité et, dans certains contextes, à l’interception de polluants. Mais leur effet direct sur la pollution atmosphérique est complexe : ils peuvent réduire certains polluants par dépôt ou absorption, tout en diminuant parfois la ventilation d’une rue.


Les données récentes confirment donc qu’il serait trompeur de présenter la « capacité purificatrice » des arbres comme

une solution autonome à la pollution de l’air.


En réalité, il n'existe qu'une seule véritable solution : réduire les principales sources de pollution de l'air en milieu urbain. Les pouvoirs publics devraient davantage investir et prendre des mesures pour des transports plus propres ou encore, pour des logements, des industries, des centrales électriques plus efficaces sur le plan énergétique, sans oublier la gestion des déchets.


Les solutions fondées sur la nature ont leur place dans les villes, mais elles ne doivent jamais détourner l’attention de la priorité : diminuer les émissions à la source. Plantation d’arbres, mobilité, urbanisme, chauffage, industrie et gestion des déchets doivent être pensés ensemble.


A ce propos, à chaque fois que vous achetez une carte cadeau de sylvothérapie sur le site, 1 % est reversé sur des projets en faveur de la décarbonation avec le programme Stripe Climate. Ce n'est pas grand chose, mais bon, c'est ma part du colibri ;)


En ce qui concerne les particules fines et les métaux lourds, les solutions restent pour l’instant marginales. Citons tout de même l’existence de possibles éclaircies, par exemple le projet européen Re-Breath s’intéressant à la réduction des émissions de particules fines provenant de l'usure des systèmes de freinage dans les transports publics urbains.

 
 
 
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