Petit précis des incroyables moyens de communication des arbres
- Clotilde

- il y a 13 heures
- 4 min de lecture
Bien que les arbres ne parlent pas, du moins pas de la façon dont nous l'entendons en tant qu'humains, ils communiquent entre eux via des signaux principalement biochimiques et physiques. Ces moyens leur permettent d'échanger des nutriments, d'avertir leurs voisins en cas de danger ou encore, de déclencher des réactions synchronisées.
Ce système de communication complexe donne aux arbres la possibilité d'interagir avec leur environnement mais également, avec d'autres espèces vivantes. Voyons dans cet article ce qu'il en est plus exactement.

Les composés organiques volatils (COV)
Parmi les différents moyens de communication que les arbres présentent, il est impératif d'évoquer les composés organiques volatils (COV). Il s'agit de molécules organiques carbonées s'évaporant facilement dans l'air, qu’émettent les arbres et les plantes en général. Citons l'isoprène, principal composé que les arbres relâchent afin de se protéger du stress thermique. En cas de fortes chaleurs, ce composé joue un rôle très important en maintenant l'efficacité de la photosynthèse.
Les terpènes sont d'autres COV également très importants, faisant leur apparition - surtout chez les conifères - afin d'assurer différentes fonctions : se défendre contre les ravageurs, attirer les pollinisateurs pour assurer leur reproduction et plus largement, réguler le climat via la formation de nuages. Dans le cadre d'attaques de ravageurs, les feuilles des arbres voisins captent les terpènes et peuvent déclencher des mécanismes de défense, par exemple la sécrétion de substances amères. Ce sont des phytoncides, dont certains jouent aussi un rôle bénéfique pour notre santé, comme vous pouvez le lire dans notre article de blog dédié.
Ceci nous amène à évoquer le terme d'allélopathie, phénomène biologique par lequel un organisme produit une ou plusieurs substances biochimiques. Or, les COV peuvent également provenir des racines (exsudation) ou encore, de la décomposition des résidus végétaux. Aux fonctions déjà évoquées plus haut s'ajoutent des effets positifs ou négatifs variés, notamment sur la germination et la survie des espèces.
Comme le rappelait l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (INRAE) dans une publication de 2022, les arbres ne sont pas les seuls à émettre et percevoir des COV. En effet, il s'agit d'une capacité commune à la plupart des organismes terrestres vivants. Citons par exemple les phéromones d'insectes, servant à attirer des partenaires pour la reproduction ou encore les kairomones - émises par les plantes mais perçues par les insectes - qui les guident pour trouver nourriture et abri.
Bien que les recherches se montrent plus rares chez les mammifères, les COV existent aussi chez ces derniers, au niveau de leur haleine, leur sueur et leur urine, à des fins de communication sociale et territoriale.
La communication via les sols : les réseaux mycorhiziens
Le moyen de communication le plus intéressant chez les arbres est peut-être ce que l'on nomme les réseaux mycorhiziens, que l'on connait principalement via le surnom "Internet souterrain des forêts" (le Wood Wide Web). Leur principale spécificité est de présenter une relation de symbiose entre des champignons et les racines des plantes.
Il est alors question d'une association symbiotique qui d'un coté, permet aux champignons de recevoir des sucres provenant de la photosynthèse des arbres et de l'autre, aux arbres eux-mêmes pour une meilleure capacité d'absorption de l'eau et des sels minéraux se trouvant dans les sols.
Ces étonnants réseaux, davantage détaillés dans un article dédié à ce sujet publié sur mon blog en juillet 2025, font régulièrement l'objet de recherches scientifiques. Certains experts en ont même fait leur principale spécialité, notamment la biologiste étasunienne Toby Kiers. En début 2026, l'intéressée a reçu le prix Tyler Prize for Environmental Achievement, que l’on considère comme le prix Nobel de l’environnement. La scientifique affirme que les réseaux mycorhiziens ne sont pas seulement les compagnons utiles des arbres et autres plantes mais bel et bien de l’un des systèmes de circulation vitaux de notre planète.
Les travaux de Toby Kiers ont notamment permis de comprendre que les végétaux transfèrent leur excès de carbone sous terre, donnant la possibilité aux champignons d'absorber, à l'échelle globale pas moins de 13,12 milliards de tonnes de CO2 par an. Or, il s'avère que cette valeur correspond tout de même à un tiers des émissions totales en provenance des combustibles fossiles.
Les impulsions électriques
Les composés organiques volatils et les réseaux mycorhiziens étant deux gigantesques moyens de communication chez les arbres, nous serions tentés de croire qu'il n'en existe pas d'autres. Et pourtant, il s’avère que ces derniers sont capables de communiquer électriquement.
Plus précisément, il est question de signaux électriques à pulsations lentes d’origine biologique, résultant de flux d’ions modifiant temporairement la polarité des membranes cellulaires. Ce phénomène surprenant touchant à l'électrophysiologie permet un échange d’informations sur de longues distances et s'associe à la capacité des plantes à s’adapter rapidement aux stimuli externes, principalement les facteurs de stress environnementaux.
Découlant des neurosciences relatives aux humains et aux animaux, l'électrophysiologie chez les végétaux est une discipline qui, il y a environ deux décennies a ouvert la voie vers des applications très intéressantes, comme le révélait une étude menée par Alexander Volkov du Département de chimie de l'Oakwood College de Huntsville (Etats-Unis) et publiée dans la revue Plant Electrophysiology en 2006.
Ce champ de recherche est en effet la base de la découverte et de l’amélioration des biocapteurs pour la surveillance de l’environnement, la détection des effets des polluants, des pesticides et des défoliants, la surveillance des changements climatiques, les interactions entre les plantes et les insectes. En agriculture, l'électrophysiologie a permis l’orientation et le contrôle rapide des conditions influençant les récoltes.
Les arbres ont encore tant à nous apprendre
Lire et comprendre la nature est un premier pas. L’expérimenter avec le corps, le cœur et les sens en est un autre, plus profond encore. C’est dans cette rencontre directe que naît souvent une transformation subtile : plus d’ancrage, plus de clarté, plus de paix intérieure.
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Les arbres nous attendent. Toujours. Il suffit parfois d’un pas pour retrouver le chemin menant vers le monde végétal...









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