Comment les incendies de forêt peuvent ils bénéficier à certaines espèces d'arbres ?
- Clotilde

- 23 déc. 2025
- 4 min de lecture
Faisant assez régulièrement la une de la presse, les incendies de forêt sont malheureusement un véritable fléau. Chaque année, des millions d'hectares partent en fumée, impactant la planète et la vie sur Terre. Malgré cela, certaines espèces d'arbres et de plantes survivent au feu et sont même capables d'en tirer habilement avantage. Si cette parenthèse positive peut susciter un peu d'espoir, la sensibilisation aux incendies d'origine humaine reste primordiale de nos jours.
Au sommaire :

Les incendies de forêt, un fléau perpétuel
Selon un communiqué de l'ONG World Resources Institute publié en mai 2025, la perte de surfaces forestières dans le monde a atteint un niveau record en 2024, en raison d'une hausse exceptionnelle des incendies. A elle seule, la perte de forêts tropicales primaires a été d'environ 6,7 millions d'hectares sur cette année, synonyme d'une multiplication par deux par rapport à 2023.
Or, cette superficie est équivalente à celle d'un pays comme le Panama, à un rythme de 18 terrains de football chaque minute. L'année 2024 a surtout été marquée par le fait que pour la première fois, les incendies ont détrôné l'agriculture et sont devenus la principale cause de la disparition des forêts tropicales primaires (50% du total des pertes).
Les répercussions sur la planète et ses habitants ont été douloureuses.
Sur l'année 2024, ces incendies ont généré pas moins de 4,1 gigatonnes de gaz à effet de serre, soit plus de quatre fois les émissions issues du transport aérien en 2023.
En ce qui concerne la population, des millions d'individus ont été fortement impactés par ces feux détériorant davantage la qualité de l'air, pressurisant les ressources en eau et menaçant toujours plus la santé et l’accès aux moyens de subsistance.
Rappelons également que depuis l'an 2000, les chiffres mondiaux montrent une hausse générale des surfaces forestières brûlées, bien que certaines années comme 2024 aient été particulièrement graves.
Malheureusement, la tendance n'est pas franchement à la baisse en 2025, bien au contraire selon Le Monde. Des incendies ravageurs ont causé la disparition de plus d'un million d’hectares entre janvier et septembre, rien qu'au sein de l’Union européenne (UE). En Amérique du Nord, citons le Canada dont la saison 2025 est la pire jamais enregistrée, avec plus de 8,3 millions d'hectares brûlés. Par ailleurs, précisons qu’il s'agit là seulement d'exemples, les incendies de forêts étant évidemment un phénomène mondial.
Certaines espèces tirent parti du feu pour prospérer
Les forêts sont, sans aucun doute possible, des écosystèmes essentiels à la bonne santé de la planète et de ses habitants, principalement via la production d'oxygène par la photosynthèse mais également, par leur qualité de formidable puits de carbone. En partant de cette idée, leur disparition est catastrophique.
Cependant, il existe curieusement des espèces d'arbres et de plantes qui, non seulement supportent très bien le feu mais surtout, savent tout à fait en tirer profit. Il s'agit d'espèces dites "pyrophytes", dont les propriétés sont notamment décrites dans une publication de l'Observatoire de la Biodiversité des Forêts en 2021.
Un des plus beaux exemples à citer est le séquoia géant (Sequoiadendron giganteum), un arbre avoisinant les 80 mètres de haut, pour un diamètre de tronc de plus de 10 mètres et une durée de vie de plusieurs millénaires. Le séquoia géant ne craint pas le feu et en a même besoin pour se reproduire et grandir. Cette capacité hors du commun développée au gré de l'évolution est une véritable stratégie de survie.
Dans les faits, les graines que contiennent ses cônes sont seulement libérées en cas de chaleur intense. Il n'est donc pas étonnant de constater la longévité du Sequoia National Park en Californie, dont l'âge de la plupart des arbres se situe entre 500 et 800 ans, avec des spécimens dépassant les 3 000 ans. Ce parc est également le lieu de vie du plus grand organisme vivant au monde : le "General Sherman", un séquoia d'une hauteur de 84 mètres et âgé d'environ 2 200 ans.
Quid des autres espèces pyrophytes ?
Les exemples ne manquent pas, celles-ci se comptant par centaines. Outre le séquoia géant, il est possible de citer le chêne-liège (Quercus suber), l'if commun (Taxus baccata) ou encore, la fougère aigle (Pteridium aquilinum). D'autres arbres et plantes sont également connus pour leur pyrophilie, notamment les pins, les cyprès, les eucalyptus, les cactus et autres agaves.
Une exposition poignante à ne pas manquer
Si l'existence des espèces pyrophytes représente une parenthèse joyeuse au milieu des flammes, les incendies de forêt restent une préoccupation majeure pour la protection de l'environnement en général.
Afin de sensibiliser à cette importante cause, la photographe Maryvonne Arnaud expose actuellement au Muséum Henri-Lecoq de Clermont-Ferrand et ce, jusqu'au 26 mars 2026. L'événement baptisé "+2 degrés/contre-feux" donne à voir une cinquantaine de clichés saisissants, principalement relatifs à des incendies majeurs observés en Europe, notamment sur l’île d’Eubée en Grèce.
Le message de l'artiste est très clair : les incendies font certes partie du cycle de vie d’une forêt mais de nos jours, une grande partie de ces feux sont d'origine humaine.
Pour protéger les arbres, il faut déjà commencer par les connaître. C'est pour cela que vous trouverez sur le blog toute une série d'articles et d'interviews sur le monde végétal et l'importance des forêts.
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Une approche des arbres immersive ; entre bien-être pour soi, reconnexion au Vivant et contemplation...









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